Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Se marier avec un étranger: 2e partie de l’enquête.

Publié le par Patrick


Afin de sensibiliser les femmes thaïlandaises sur les risques de la vie de couple à l’étranger, le gouvernement thaïlandais avait organisé fin avril un séminaire, intitulé "Le mariage avec un étranger, une bonne idée ?" J’avais repris un article paru sur le sujet dans Lepetitjournal.com à voir ici : Serait-ce la fin des mariages entre FillesThaïes et étrangers ?


Voici la suite de l’enquête fait par Lepetitjournal.com de Bangkok qui a demandé leur point de vue à trois spécialistes de la question.

 
Thepwilai Saropala, chargée de communication de l'association Solidarité thaïe en France (ASTF), coopère parfois avec le consulat thaïlandais en France. Pour elle, la campagne d’information menée par le gouvernement est une bonne chose.


"Je ne vois que des femmes thaïes qui sont malheureuses. Les couples heureux ne viennent pas nous voir dans le cadre de l'ASTF, dit-elle. Je sais bien que l’on ne se nourrit pas d’amour et d’eau fraîche. Les femmes que je rencontre ont souvent un passé sentimental très chargé. Elles ont le droit d’espérer une vie meilleure. Mais il est important qu’elles n’arrivent pas dans le pays de leur conjoint, ignorantes de la vie qu’elles vont mener. Si un "farang" dépense 1.000 euros en une dizaine de jours en Thaïlande, cela ne signifie pas qu’il a la même somme à dépenser en France. Je soutiens toutes les campagnes qui visent à sensibiliser et informer les Thaïes des risques des mariages mixtes."


Pour Mademoiselle Sakoon Pakdeekam, Professeur de philosophie féministe à l'université Silpakorn, l’union avec un étranger constitue une garantie plus importante de trouver un équilibre affectif et matériel, plus ou moins difficile à trouver auprès de la gent masculine thaïlandaise.


“Le séminaire est une bonne idée, dit-elle, mais cela ne sert à rien car les femmes du Nord-est sont toujours aussi pauvres après le séminaire, et elles vont oublier ce qu'elles ont entendu. Selon le gouvernement, la question du mariage mixte semble reposer sur la pauvreté des filles, mais la vraie raison vient de la structure sociale. En Thaïlande, il n'existe pas d'égalité entre les sexes, particulièrement dans les provinces du Nord-est. Là-bas, la femme est obligée de prendre en charge la famille. Elle doit payer pour les études de ses frères et sœurs et, si elle divorce de son mari, c’est elle qui devra s’occuper de ses enfants. Et, lorsqu’elle est veuve [ou divorcée, ndlr], elle a alors du mal à trouver quelqu’un pour se remarier. D’autant que les hommes thaïlandais ont une préférence pour les femmes jeunes et à la peau claire. Pour les Européens, l’âge et la couleur de peau importent moins, ils sont aussi, en général, plus généreux et se moquent que leur compagne ait déjà été mariée avant. Le problème est donc beaucoup plus profond que la seule pauvreté des filles.
En privilégiant les hommes, la société thaïlandaise pousse les femmes à rechercher de l’argent pour assumer les charges qu’on leur impose, et donc à essayer de trouver un mari étranger pour subvenir à leurs besoins. Si le gouvernement faisait un effort pour essayer de mieux intégrer les femmes dans la société, elles ne seraient pas si nombreuses à vouloir quitter leur ville natale et leur famille. Après tout, on préfère toujours dormir chez soi plutôt que d’aller chez les voisins."


Des propos que confirme Timothy Wong, directeur de l'agence thaïlandaise de rencontre en ligne Qpider, une branche du réseau asiatique de rencontre par Internet Asia Match, qui compte environ 500.000 hommes inscrits.

“Environ 1.000 femmes thaïlandaises par mois s'inscrivent notre site internet. La majorité sont des femmes du nord-est de la Thaïlande surtout de la campagne”, indique-t-il. Les Américains arrivent en tête avec environ 70% suivis de loin par les Anglais 10%, puis les Français 5% et les autres 5%. Les femmes du pays du sourire à la recherche d’un partenaire étranger sont nombreuses parce qu’en Thaïlande les femmes d’un certain âge, veuves ou femmes divorcées ont du mal à trouver quelqu'un pour se remarier, dit-il. Les étrangers ne tiennent pas compte de l'âge pour se marier ou vivre ensemble, le plus important pour eux c'est comment fonctionne la relation avec leur partenaire".

 

Article paru dans Lepetitjournal.com le 21 juillet 2009.


Commenter cet article

jpsiam 26/07/2009 06:38

Les deux récits des colloques sont très interessants, ils font toucher du doigt la réalité des choses et ne peuvent servir que nos intérêts de farang. Quelque soit la situation de chacun, nous ne seront que des farang ici donc des ONG et des banquiers. Amour ou pas amour ne nous voilons pas la face et soyons realistes.En plus les Français sont en dernière position financièrement, ce qui nous fait passer pour des radins.

pierre 25/07/2009 10:59

là je ne me prononce pas
la chanson de Charles AZNAVOUR
"emmenez moi au pays des merveilles...
là ou il semble que la misére serait moins pénible au soleil"

résume assez bien la situation