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Du papillon au fil de soie.

Publié le par Patrick

La Thaïlande est un pays réputé pour ses magnifiques tissus de soie mais savez vous comment est fabriqué le fil de soie ?

 

J’ai profité qu’un stand pédagogique sur la soie soit installé sur le champ de la foire annuelle d’Udonthani pour aller me renseigner. Il présentait et donnait des explications sur la culture et la transformation du vers à soie en fil de soie.

 

Chapitre I: Un peu de technologie :

 

La Sériciculture :

C’est le nom donné à l’élevage des vers à soie. La sériciculture en France date de l’époque de Louis XI (1423-1483) qui invite des artisans italiens et grecs à s'installer à Tours. La  ville qui compte 8 000 métiers à tisser en 1546  devient ainsi un centre séricicole plus important que Lyon, Montpellier ou Paris.

 

La Magnanerie :

C’est le nom donné au bâtiment d’élevage des vers à soie.

 

Les feuilles de mûrier :

C’est la seule nourriture que les vers à soie ingurgent en grosse quantité. Il existe 42 espèces de mûriers. Le mûrier aime un climat tempéré, mais se trouve cultivé sur une zone qui s'entend des régions tropicales aux pays presque froids. Il est principalement répandu en Extrême-Orient (Chine, Japon, Corée, Asie du Sud-est) mais aussi en Amérique du sud (Brésil), au Proche-Orient et en Europe (Grèce, Italie, Espagne, France du sud-est où il y a encore quelques sériciculteurs.

 

Le Bombyx du mûrier (Bombyx mori)

Pour faire du fil de soie il faut au départ un papillon, le Bombyx. C’est un lépidoptère domestique originaire du nord de la Chine, élevé pour produire la soie. Le bombyx est inconnu à l'état sauvage. Il ne vole pas car il a les ailes atrophiées et meurt quelques jours après sa reproduction.


Le ver à soie.

C’est la chenille du Bombyx.     





Le ver à soie est un insecte qui présente un cycle de transformation typique en quatre stades :

1) la graine.

 2) la larve.

 3) la chrysalide.

 4) le papillon.

Cette transformation dure environ 40 jours. Il faut dès l’éclosion de l’œuf, 30 à 35 jours pour la croissance de la chenille, 3 jours pour le filage du cocon et 10 à 15 jours pour la métamorphose, l’accouplement et la ponte.

          1) La graine.

Ce sont les œufs du papillon. Peu après l'accouplement, le papillon femelle pond en amas entre 400 et 600 œufs jaune pâle ronds et gros comme des têtes d'épingles. On les appelle graines et on peut compter jusqu'à 1800 œufs dans un gramme. La graine est de forme ellipsoïdale, petite et plate, recouverte d'une membrane dure. Sa forme et sa taille varient suivant les espèces. Sa couleur est d'un blanc laiteux ou d'un jaune soutenu. Les œufs vont éclore quatorze jours après le début de l'incubation à 25°C.


2)   
La larve.

  Le ver subit 4 mues :
- la 1ère vers le 4ème jour
- la 2ème vers le 11ème jour
- la 3ème vers le 17ème jour
- la dernière vers le 25ème jour



Entre chaque mue, le ver est pris de fringale appelée " frèze " La durée de vie du ver est d'environ 25 jours entre son éclosion et le moment où il fabrique son cocon. Son poids se verra multiplié par 10 000.

Après avoir dévoré une grande quantité de feuilles durant les quatre premiers âges, il cesse de manger au cinquième âge et s'attache à un support par le fil de soie qui sort de son orifice buccal.



C'est au stade de chenille que le bombyx produit la précieuse fibre sécrétée en une bave abondante qui, en durcissant, se transforme en un fil unique de soie brute avec lequel la chenille se fabrique un cocon. Ce fil mesure entre 300 et 1500 mètres de long. Il est produit par des glandes spécialisées, dites séricigènes. Il en faut environ 3500 à 4500 mètres pour faire un gramme. La couleur des cocons (blanc, jaune, doré, rose...) dépend de la variété des vers à soie élevés.





 Les cocons  seront étouffés pour tuer la chrysalide enfermée dedans. On plonge les cocons dans de grandes bassines d’eau bouillante et commence alors le nettoyage des cocons et la recherche du départ du fil de soie.

 

    3) La chrysalide.

A la fin du filage, le ver se métamorphose en chrysalide. Cette chrysalide est d’ailleurs très appréciée par les thaïlandais comme insecte grillé à manger. (Voir mon article sur les insectes grillés de Thaïlande ici .  Se nourrir d’insectes en Thaïlande    )




4) Le papillon.

Dix jours plus tard, la chrysalide devient papillon qui pour sortir de son cocon secrétera une salive alcaline qui dissoudra la matière à une extrémité de celui-ci. Tout fripé et humide, il se gonfle d'air juste le temps de vivre pour pondre des œufs. Seuls quelques papillons naissent pour la reproduction et donc fournir les graines de la saison suivante.




Chapitre II : Le filage

Pour que les cocons soient dévidables, il est nécessaire qu'ils soient intacts. Ils sont récoltés avant que la chrysalide ne devienne papillon. Les cocons sont placés dans des appareils appelés étouffoirs séchoirs dans lesquels la chrysalide est étouffée à l'air chaud. Il faut compter approximativement 6 kilos de cocons pour un kilogramme de soie grège.



Dans les temps anciens, on utilisait une bassine dans laquelle l'eau était portée à 85 - 90° afin de ramollir le grès des couches externes. L'ouvrière surveillait la formation du fil de soie de quatre, cinq ou six bouts suivant la grosseur. Elle devait pourvoir avec son " jette-bout " au remplacement du cocon dû à son épuisement ou à une casse. Seule la vigilance et l'habileté de l'ouvrière faisait la régularité du fil. Cette pratique traditionnelle existe toujours en Thaïlande.


Ci-dessous, le chauffage – dévidage.




Ci-dessous, le moulinage.




Les Japonais ont résolu le problème de la filature de la soie en inventant une machine automatique qui permet un contrôle constant du titre de la soie dévidée. Un mécanisme spécial monté à l'extrémité de la machine assure une détection automatique de l'extrémité de la bave. Les opérations successives après la cuisson sont le battage qui permet de désagréger la bourre des couches externes faites de brins plus ou moins rompus puis le purgeage par lequel la bourre est éliminée et l'extrémité du fil dégagée. Les baves sont ensuite réunies suivant le titre désiré en 4, 5, 6, 7 bouts. Le fil ainsi formé, reçoit une légère torsion qui facilite l'agrégation des baves et va ensuite s'enrouler sur un dévidoir qui assure une présentation en grosses flottes d’écheveaux.


Chapitre III : La teinture.

 

Je ne rentrerais pas dans le détail de ce chapitre bien trop complexe. Ci-dessous, quelques matières d’origine végétale servant à la teinture.



Tout comme moi maintenant, vous en savez un peu plus sur le vers à soie.




Commenter cet article

ATIK HAMOUD KHALED 25/08/2018 21:05

Svp envoyer moi de la documentation et des echantillons de la soie naturelle a mon adresse postale
ATIK HAMOUD KHALED
ECOLE TAHIR ALI BIRKHADEM
ALGER 16029
ALGERIE
NB / je suis un ingenieur en textile et j enseigne la technologie des textiles.
Salutations cordiales

Charlout 19/12/2012 21:22


C'est très bien expliqué mais cela prouve que l'homme est encore prêt a tuer pour avoir des vêtements!!


Même si ce sont des insectes, ils on le dorit de vivre non?!

brion 14/03/2012 17:21


Bonjour


Il me semble bien reconnaitre des miennes photos pas vraiment Thaï. Non?

Patrick 15/03/2012 02:35



Si quelques photos sont de vous, merci a vous. Elles m'ont permisent de faire cet article.



Jean-Donald Roselin 08/05/2010 10:39


votre exposé est bien et permets de connaitre la provenance de choses que nous utilisons sans forcement en connaitre l'origine. Bonnes chance pour votre blog^^


Patrick 08/05/2010 15:10



Merci Jean-Donald


Bonne journée à vous



Franie 20/12/2008 21:11

Coucou me revoila
Très beau ce reportage ou j'ai appris pleins de choses , par contre les insectes je te laisse ma part ...
Bisous Franie

daniele roger 15/12/2008 17:54

tres beau reportage.l'élevage du ver a soie j'en ai vu un en ardeche.pas d"appareil photos autorisé.a +

Line 15/12/2008 10:43

tout à fait magnifique!
Line

nepali 14/12/2008 09:01

bravo super article bien commenter, j'ai meme tous compris.
salutations

michel

alain satabin 13/12/2008 11:00

et bien du fait dans le scientifique maintenant.
ALain